Quatrième réunion ministérielle du
Réseau de la sécurité humaine
Santiago, Chili, les 2 et 3 juillet 2002
« Bâtir un monde exempt de peur et de besoins »”
Les 2 et 3 juillet 2002, le Réseau de la sécurité humaine a tenu à Santiago du Chili, sa
Quatrième réunion ministérielle au cours de laquelle les gouvernements participants ont
réaffirmé leur engagement en ce qui a trait à la promotion des principes de la sécurité
humaine et leur soutien aux efforts visant à promouvoir la sécurité, la dignité et le bien-être
des personnes à l’échelle internationale. Ont participé à La Réunion les ministres, les
secrétaires d’État et les envoyés spéciaux de tous les pays membres du Réseau – l’Autriche,
le Canada, le Chili, la Grèce, les Pays-Bas, l’Irlande, la Jordanie, le Mali, la Norvège, la
Slovénie, la Suisse et la Thaïlande, de même que l’Afrique du Sud, à titre d’observateur.
La Réunion a eu lieu dans un contexte marqué par des changements importants dus à
l’émergence de nouvelles menaces contre la sécurité des personnes, qui s’expriment sous
forme de violence et d’intolérance qui affligent de nombreuses sociétés. Au nombre des
menaces naissantes figurent l’exclusion sociale, les conflits religieux et ethniques,
l’exploitation des enfants, la propagation des pandémies, la famine, la dégradation de
l’environnement et les différentes formes de criminalité transnationale comme le problème
de la drogue dans le monde, le trafic d’êtres humains et le terrorisme. Le contexte
international actuel est fortement influencé par les événements tragiques survenus le 11
septembre 2001, qui ont donné un autre sens à la sécurité des personnes aux quatre coins du
monde. Les ministres et les représentants ont réitéré l’urgence de promouvoir, à l’échelle
internationale, une approche universelle permettant de faire face aux nouvelles menaces à
l’égard des personnes de façon à « bâtir un monde exempt de peur et de besoins ».
Rappelant la Déclaration du Réseau de la sécurité humaine sur les attentats terroristes
perpétrés aux États-Unis d’Amérique le 11 septembre 2001 (New York, 12 novembre 2001),
les ministres et les représentants ont réaffirmé la volonté des gouvernements membres du
Réseau d’appuyer les efforts internationaux visant à éradiquer le terrorisme grâce à une
meilleure compréhension des sources d’insécurité à l’échelle internationale. À cet égard, Les
ministres et les représentants ont réitéré que les lignes directrices pour la lutte antiterroriste
sont établies dans les Conventions internationales et les résolutions 1368 (2001) et
1373 (2001) du Conseil de sécurité et la résolution 56/1 de l’Assemblée générale des Nations
Unies.
Les ministres et les représentants ont fait observer qu’il devient évident, compte tenu de la
situation internationale actuelle, que la sécurité de l’État – dans son sens traditionnel – doit
être considérée comme étant directement liée à la sécurité humaine.
Les ministres et les représentants ont exprimé leur vive préoccupation à l’égard d’un certain
nombre de conflits régionaux et nationaux et de crises humanitaires qui persistent dans le
monde, causant des pertes considérables de vies humaines et compromettant la durabilité du
développement social et économique de nombreuses sociétés de différentes régions. Par
conséquent, la Réunion a réitéré l’importance capitale de promouvoir la sécurité des
personnes et des collectivités face à ces nouvelles menaces. Les ministres et les représentants
ont souligné l’importance de l’éducation en matière de droits humains et de droit
international humanitaire comme moyen essentiel de promouvoir le respect de la diversité,
de prévenir les conflits et d’accroître la sécurité humaine. Parallèlement, ils ont insisté sur
l’importance d’assurer le fonctionnement efficace du système international de protection et
de promotion des droits de la personne, au sein des Nations Unies et à l’échelle régionale.
Les ministres et les représentants ont adopté l’ordre du jour proposé par le gouvernement du
Chili à titre de secrétaire intérimaire. À l’ordre du jour figurait l’examen des questions
étudiées ou des initiatives prises jusque là par le Réseau de la sécurité humain lors des
réunions ministérielles précédentes qui se sont tenues à Lysøen, en Norvège (mai 1999), à
Lucerne, en Suisse (mai 2000) et à Petra, en Jordanie (mai 2001). De plus, l’ordre du jour
était axé sur une analyse approfondie de trois principales questions, assorties de propositions
concrètes d’actions concertées dans ces domaines : une Perspective sur la sécurité humaine
dans les politiques sur la sécurité publique, l’Éducation en matière de droits humains et de
droit international humanitaire axée sur la sécurité humaine et le lien qui existe entre le
Développement humain et sécurité humaine : un indice de sécurité humaine.
Ces trois questions ont été analysées auparavant avec la société civile et les ONG lors d’une
Session d’information sur la politique organisée avec l’appui de la Plate-forme de promotion
des politiques pour le Réseau de la sécurité humaine, établie dans le cadre du Program on
Humanitarian Policy and Conflict Research de l’Université Harvard, et de la Faculté latino-américaine des sciences sociales (FLACSO-Chili). Les ministres et les représentants ont pris
note des importantes conclusions et recommandations de la Session d’information sur la
politique, qui figurent dans l’Annexe 1 du rapport, et les ont considérées comme une
contribution précieuse à la Réunion ministérielle du Réseau de la sécurité humaine.
Les ministres et les représentants ont réaffirmé le mandat précédent du Réseau qui est de
mettre l’accent sur les questions de fond touchant à la sécurité humaine, d’entreprendre des
initiatives stratégiques à ce chapitre ainsi que d’organiser ses travaux dans un cadre souple,
de prendre des décisions par consensus et de les harmoniser avec les priorités mondiales. Par
conséquent, ils ont accueilli favorablement la proposition de rédiger un Rapport mondial
annuel sur la sécurité humaine, qui serait le complément du Rapport mondial sur le
développement humain existant.
Les ministres et les représentants considèrent que la sécurité publique, plus particulièrement
la sécurité des personnes et des collectivités dans les grandes villes, fait partie des principales
priorités quotidiennes des personnes et constitue un domaine où une perspective de sécurité
humaine s’avère très pertinente. Le renforcement de la coopération et de la confiance entre
les autorités et la société civile est un élément très important qui appuie la consolidation des
environnements démocratiques et libres et améliore la gouvernance, en particulier dans la
lutte contre la criminalité transnationale organisée.
Les ministres et les représentants ont accueilli favorablement l’exercice d’inventaire et la
coopération analytique établis avec les ONG et les institutions d’enseignement supérieur
pertinents, visant à mettre en relief le Réseau et à accroître sa visibilité, à l’échelle
internationale et régionale. Ils ont aussi exprimé leur satisfaction à l’égard des initiatives
organisationnelles entreprises par le Réseau de la sécurité humaine et ont reconnu l’utilité
d’un mécanisme permettant d’assurer un suivi concret des priorités du Réseau.
Les ministres et les représentants ont également approuvé l’initiative visant à créer un réseau
de soutien des centres d’études sur la sécurité humaine, composé de la société civile,
d’établissements d’enseignement supérieur et d’organisations non gouvernementales, afin
de fournir des ressources aux pays membres du Réseau et d’appuyer la diffusion des
perspectives sur la sécurité humaine à l’échelle internationale, régionale et nationale.
À cet égard, les ministres et les représentants ont exprimé leur satisfaction en ce qui
concerne le démarrage, au début de janvier 2002, des activités du Comité spécial chargé de
négocier une convention contre la corruption, et ils encouragent les pays membres du Réseau
à travailler en étroite collaboration afin d’accélérer ces négociations et de promouvoir
l’approbation d’une convention internationale contre la corruption.
Les ministres et les représentants constatent avec satisfaction les progrès considérables
accomplis en ce qui a trait à un certain nombre de priorités du Réseau énumérées dans
l’Annexe 2. Plus particulièrement, ils ont accueilli favorablement les progrès réalisés dans
le domaine du contrôle du trafic illicite d’armes légères et de la mise en oeuvre de la
Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Les ministres et les
représentants ont encouragé tous les États à signer, à ratifier et à appliquer intégralement la
Convention d’Ottawa. De plus, ils ont appuyé l’offre du gouvernement thaïlandais
d’organiser la Cinquième réunion des États parties à la Convention d’Ottawa interdisant les
mines antipersonnel en septembre 2003, à Bangkok.
Les ministres et les représentants ont salué l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2002, du Statut
de Rome créant la Cour pénale internationale, qui marque une étape supplémentaire vers la
fin l’impunité des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du crime de génocide.
Les ministres et les représentants ont également reconnu la nécessité de renforcer le dialogue
interculturel et interreligieux en vue d’appuyer les mesures politiques prises pour contrer le
terrorisme. Ils ont souligné le rôle vital joué par les ONG qui s’occupent de la réconciliation
religieuse et culturelle, par l’appui aux efforts déployés en matière de démocratisation, à la
sensibilisation aux droits de la personne, à la coopération au développement, à la
sensibilisation à l’écologie et à la sécurité humaine.
Les ministres et les représentants, gravement préoccupés par certains faits survenus
récemment, ont condamné l’exploitation sexuelle des réfugiés dans des camps de réfugiés
en Afrique occidentale. En vue d’empêcher de tels comportements qui portent atteinte à la
dignité des personnes dans le besoin, le Réseau de la sécurité humaine a demandé aux
organismes humanitaires et aux autres intervenants concernés des règles éthiques et des
principes humanitaires stricts dans le recrutement et la gestion du personnel travaillant sur
le terrain. Des mesures légales appropriées doivent être prises à l’encontre des auteurs de ces
crimes.
Les ministres et les représentants ont exprimé leur soutien au processus d’adoption du
Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture qu’ils considèrent comme
un moyen supplémentaire de renforcer le mécanisme international de la prévention de la
torture.
Les ministres et les représentants ont approuvé l’entrée en vigueur, cette année, du Protocole
facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant
l’implication d’enfants dans les conflits armés et du Protocole facultatif se rapportant à la
Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des
enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Ils ont également accueilli
favorablement le document de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux
enfants intitulé « Un monde digne des enfants ».
Les ministres et les représentants reconnaissent l’importance pour les médias de masse à
l’échelle nationale et mondiale d’intégrer la perspective sur la sécurité humaine afin de tenir
compte du sentiment d’insécurité ressenti par les personnes et les collectivités.
Les ministres et les représentants se sont félicités de l’exposé sur le rapport final de la
Commission internationale sur l’intervention et la souveraineté des États intitulé « La
responsabilité de protéger ». Ils ont convenu de discuter plus à fond des recommandations
formulées dans ce rapport.
Les ministres et les représentants se réjouissent à l’avance de la tenue à Graz, en Autriche,
du 8 au 10 mai 2003, de la prochaine réunion ministérielle. Ils acceptent avec gratitude
l’invitation du gouvernement du Mali de tenir dans son pays, en 2004, la Réunion
ministérielle du Réseau de la sécurité humaine humaine.
Les ministres, les secrétaires d’État et les envoyés spéciaux tiennent à exprimer toute leur
gratitude pour l’accueil que leur a réservé le gouvernement du Chili, par l’entremise de la
distinguée ministre des Affaires étrangères du Chili, S.E. Mme María Soledad Alvear. Ils
expriment également leur satisfaction à l’égard de toutes les dispositions prises au cours de
l’année par le secrétaire intérimaire, grâce à qui la célébration de la Quatrième réunion
ministérielle du Réseau de la sécurité humaine a été possible.
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