Navigation Bar
ACDI/CIDA
 
Réunions Ministérielles

Atelier du Réseau pour la sécurité humaine "Les liens entre les opérations de soutien de la paix et la sécurité humaine "


New York, le 27 mars 2001

Résumé de l'atelier préparé par Lotta Hagman, International Peace Academy, Rapporteuse

Le 27 mars 2001, des représentants de pays membres du Réseau pour la sécurité humaine, du Secrétariat et des Institutions spécialisées de l'ONU, des ONG, ainsi que d'autres experts en matière de paix et de sécurité se sont réunis à la mission permanente du Canada aux Nations Unies afin de formuler des recommandations touchant les Opérations de soutien de la paix en vue de les soumettre à la troisième Réunion ministérielle du Réseau pour la sécurité humaine, qui aura lieu en mai 2001 à Petra, en Transjordanie. Les participants à cet atelier répondaient à l'appel lancé par trois des Représentants permanents aux Nations Unies, à savoir le Représentant permanent du Canada, celui du Royaume hachémite de Jordanie et celui du Danemark. Le présent rapport veut refléter les discussions qui y ont eu lieu, sans prétendre offrir des conclusions arrêtées.

  • Le Réseau pour la sécurité humaine est unique en ce qu'il est un réseau multirégional composé de gouvernements et d'autres intervenants dotés d'une vaste expérience en matière de consolidation de la paix et d'Opérations de soutien de la paix. Le réseau est ainsi en bonne posture pour faire la promotion des aspects humanitaires de la sécurité, tout en appuyant et en renforçant le travail de l'Organisation des Nations Unies.

Enjeux prioritaires à soumettre aux ministres pour examen

  • Au moment où les recommandations du Rapport Brahimi sont toujours sous étude à New York (où l'on a entrepris une revue détaillée des capacités et des besoins du DOMP), les ministres pourraient vouloir :
  • favoriser ce processus;

  • et souligner à la fois l'importance et l'urgence de renforcer la capacité de l'ONU en matière de maintien de la paix.
  • En vue du prochain rapport du Secrétaire général sur la prévention des conflits, attendu fin mai, les ministres pourraient vouloir souligner qu'il serait souhaitable que chacun des programmes et chacune des agences de l'ONU explore, dans les plus brefs délais et sous la direction du Secrétaire général, comment ils pourraient contribuer à la prévention des conflits, tant au cours de la phase préliminaire dite « structurelle » que plus près du déclenchement de la violence.
  • En vue des travaux en cours au sein du Secrétariat touchant l'amélioration des stratégies de consolidation de la paix, les ministres pourraient vouloir souligner que les activités de l'ONU en matière de consolidation de la paix --tant avant qu'après les conflits-- gagneraient à être renforcées, en s'attachant tout particulièrement au renforcement des capacités au niveau local. Ils pourraient également rappeler que la consolidation de la paix est un processus à long terme, qui exige des stratégies à long terme aussi.
  • Les ministres pourraient vouloir saluer les initiatives, tant au sein de l'ONU que de la Banque mondiale, qui visent à répondre plus rapidement et plus efficacement aux signaux d'alarme annonçant des conflits éventuels. La tendance croissante vers l'identification et l'analyse précoce de tels signaux représente un important progrès.

Opérations de soutien de la paix

  • Les participants étaient d'accord pour dire qu'il était essentiel, pour affermir les Opérations de soutien de la paix, que soient formulées des recommandations spécifiques d'ordre pratique. Le Rapport du Groupe spécial sur les opérations de paix des Nations Unies (le rapport Brahimi) représente un pas dans la bonne voie.
  • En termes de mesures concrètes, les participants à l'atelier ont proposé de « faire la paix » et de mettre ainsi fin à la concurrence nuisible entre les diverses organisations et agences; on propose pour ce faire d'appuyer à la fois des mécanismes axés sur les résultats, qui facilitent la coordination des tâches et favorisent les avantages comparatifs, et des approches plus globales à la consolidation de la paix et à la prévention des conflits.
  • Au nombre des initiatives spécifiques visant à mettre en commun les efforts d'agences et d'organismes disparates en vue d'accélérer les efforts de consolidation de la paix, on a souligné l'initiative que représente la Strategic Recovery Facility en voie d'être mise sur pied par le Centre de coopération internationale à l'Université de New York. Ce modeste établissement se veut un outil proactif mais institutionnellement neutre dans le travail de coordination d'évaluation des besoins et de planification de programmes, et veut en plus assurer en temps opportun un financement aux activités essentielles de reconstruction après les conflits. On a signalé également avec satisfaction le renforcement actuel de la Division des interventions d'urgence du PNUD.
  • On a soulevé à répétition le fait de la spécificité de chaque situation de terrain, à laquelle sont confrontées les Opérations de soutien de la paix. Pour que ces opérations aient du succès, il est essentiel de faire appel à l'expertise locale et aux structures en place, sans négliger le rôle important que peuvent jouer les femmes dans la consolidation de la paix. Dans la plupart des cas, des agences sont déjà sur le terrain, et ce bien avant que ne soit déployée une opération de paix plus considérable. Ces agences, rattachées soit à l'ONU soit à des ONG internationales et locales, sont déjà au courant tant des réalités du terrain que des capacités locales.
  • Les membres du personnel des Opérations de paix devraient être conscients du potentiel que représentent certains des enjeux touchant la sécurité humaine (le bien-être des enfants, par exemple); de tels enjeux sont susceptibles de créer un terrain pour d'éventuelles ententes entre les parties, à toutes les étapes d'une intervention.
  • Certains participants ont affirmé que l'ONU avait un problème sérieux en ce qui touche la qualité de son personnel de terrain, par exemple dans l'affectation « des mauvaises personnes aux mauvais endroits ». L'ONU doit veiller à être plus efficace dans le recrutement et le déploiement, à l'international, de son personnel.
  • Parmi la trentaine d'Opérations de paix que mène l'ONU à l'échelle du globe, un tiers seulement comporte une composante militaire; les petites unités de consolidation de la paix et les déploiements humanitaires sont beaucoup plus courants. Conséquemment il est important d'adopter comme point de départ la composante civile, et d'évaluer par la suite l'opportunité d'un déploiement militaire.

Les organismes régionaux et les Opérations de paix

  • En ce qui touche le rôle des organisations régionales dans les Opérations de paix, on a avancé que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas établi de « règles d'engagement » précisant ses rapports avec ces organisations, et que cette lacune entrave des relations éventuellement productives et concrètes entre ces intervenants. Elle peut même être nuisible, comme on l'a vu récemment dans le cas des relations entre le Conseil de sécurité et le CEDEAO en Afrique occidentale.
  • Si les organisations régionales d'Asie et d'Amérique latine ont la capacité de participer aux activités de soutien de la paix, surtout en ce qui touche la prévention des conflits, ce n'est pas encore le cas des organisations régionales d'Afrique. Il conviendrait donc d'accroître substantiellement l'engagement de l'ONU et des pays donateurs à l'égard des capacités de l'Afrique en ce domaine.

La consolidation de la paix

  • Certains participants ont affirmé que l'ONU affichait des faiblesses en matière de gestion des efforts de consolidation de la paix, et on a suggéré plusieurs domaines susceptibles d'être améliorés, y inclus l'identification de partenaires tant à l'intérieur qu'à l'extérieur; un des participants a parlé de ce besoin comme étant celui de mettre en place une « unité professionnelle des efforts ».
  • À l'occasion de certaines activités liées à la consolidation de la paix, par exemple dans le cas de la démobilisation des combattants, ces derniers accordent leur préférence à l'ONU plutôt qu'aux organisations régionales, en partie parce que les parties belligérantes la perçoivent comme étant plus neutre. Néanmoins, à l'avenir, les activités liées à la démobilisation pourraient contribuer de manière plus directe au processus de consolidation de la paix.
  • Il faut accorder une attention soutenue aux dispositifs spécifiques susceptibles d'aider les sociétés déchirées par la guerre à mettre en place des structures qui inculquent des comportements viables qui soient paisibles et productifs. Au lieu de mettre l'accent sur sa stratégie de sortie, l'ONU devrait faire dépendre son départ de la mise en place de robustes structures locales.
  • En ce qui concerne la mise en place de ces structures, on a affirmé que tout processus de consolidation de la paix doit être vu comme spécifique à un pays donné et aux conditions propres à ce pays. Le défi qui confronte l'ONU, lors de chacune de ses missions de consolidation de la paix, est de trouver le ou les créneaux où ses efforts pourront s'avérer les plus productifs. On a fait valoir qu'il était impératif que l'ONU s'applique à renforcer les capacités régionales et locales et s'attache à identifier des partenaires au niveau local en vue de catalyser les forces propres à chacun des intervenants.

 English


Mis à jour:
le 14 juin 2005
 
Accueil | Le Réseau | Membres | Réunions Ministérielles | Principes | Déclarations | Société Civile | Événements et Initiatives | Contacts | Liens
Accueil Le Réseau Membres Réunions Ministérielles Principes Déclarations Société Civile Événements et Initiatives Contacts Liens