Troisième réunion ministérielle du Réseau de la sécurité humaine Petra, les 11 et 12 mai 200
Sommaire du président
Les 11 et 12 mai 2001, les ministres et les représentants des
gouvernements membres du Réseau de la sécurité humaine, ainsi que des
représentants du Secrétaire général de l'ONU et des experts de la société
civile, se sont réunis à Petra, en Jordanie, à l'invitation du gouvernement
jordanien pour intensifier leur coopération et le développement d'aspects
importants de la sécurité humaine.
La réunion ministérielle s'est tenue dans le contexte d'une aggravation
alarmante de l'insécurité humaine et des souffrances au Moyen-Orient. Les
ministres et les représentants se sont dits profondément préoccupés par la
situation et ont exhorté toutes les parties à mettre de côté le conflit et
l'affrontement et à retourner immédiatement à la table des négociations. À
cet égard, ils ont reconnu le rôle clé joué par la Jordanie dans la recherche
de la paix dans la région, et ils se sont réjouis de l'initiative de paix
jordano-égyptienne. Les ministres et les représentants ont exprimé leur
appui inconditionnel à cette initiative et au rapport de la Commission
Mitchell, dans lesquels ils voient des instruments utiles pour mettre fin à la
violence actuelle et réactiver les négociations de paix.
Les ministres et les représentants ont réaffirmé leur volonté de continuer à
appliquer une perspective de sécurité humaine aux problèmes
internationaux, parce que ce cadre constitue une action concrète en vue de
promouvoir la sécurité humaine et facilitera donc la coopération entre pays
de même opinion.
Ils ont en outre réaffirmé leur intention de continuer d'insister sur les
enjeux liés à la sécurité des personnes, afin de protéger les individus et les
communautés contre la violence. Ils ont demandé instamment aux pays
membres de poursuivre leurs efforts pour mettre l'accent sur le
programme de la sécurité humaine aux niveaux national et international.
Durant leurs discussions, les participants ont examiné la relation et les
liens entre la sécurité humaine et le développement humain et souligné la
nécessité de prendre des mesures pratiques pour renforcer ces deux
aspects essentiels au bien-être de l'individu. Les ministres et les
représentants ont en outre insisté sur le fait qu'il est nécessaire, pour
favoriser la sécurité humaine, de promouvoir le développement humain par
la réduction de la pauvreté absolue, en assurant les services sociaux de
base à tous et en poursuivant les objectifs du développement axé sur les
personnes.
Les ministres et les représentants ont aussi souligné que la coopération
internationale et les partenariats établis entre les gouvernements des pays
développés et en développement et avec des institutions multilatérales afin
d'appuyer les efforts nationaux déployés pour promouvoir le
développement humain et éliminer la pauvreté, et aussi pour instaurer des
pratiques de bonne gouvernance et la démocratie, sont essentiels à la
promotion du développement humain, de la paix et de la sécurité.
Les ministres et les représentants ont évalué les moyens de renforcer la
prévention des conflits dès les premiers stades critiques de conflits
potentiels, ainsi que la nécessité d'aller de l'avant avec le renforcement de
la capacité de l'ONU en matière de maintien de la paix et avec
l'établissement de mesures de consolidation de la paix après le conflit qui
mettent l'accent sur le développement des capacités locales.
L'insécurité des enfants a été une autre grande question abordée durant la
réunion par le biais d'une discussion qui a porté sur les efforts requis pour
favoriser leur sécurité dans des situations où ils sont exposés à la
violence. Non seulement la violence sape-t-elle le développement
psychosocial des enfants, mais encore elle les empêche aussi de satisfaire
leurs besoins physiques fondamentaux. Les ministres et les représentants
se sont dits préoccupés par l'insécurité de plus en plus grande à laquelle
les enfants font face dans les situations de violence et de conflit intense,
particulièrement dans les territoires palestiniens. Ils ont aussi reconnu que
le régime international de sanctions en vigueur contre l'Iraq a eu un impact
négatif sur le bien-être de la population iraquienne, et des enfants en
particulier.
La discussion a conduit à l'adoption, par les ministres, des
recommandations préparées par des experts et des spécialistes figurant
dans le présent sommaire.
Sécurité humaine et développement humain : liens et occasions :
Les ministres et les représentants du Réseau de la sécurité humaine ont
reconnu que la promotion de la sécurité humaine exige de s'attacher à la
relation entre la sécurité humaine et le développement humain, ainsi qu'aux
nombreuses façons par lesquelles les mesures pratiques prises pour
réaliser la sécurité humaine et le développement humain peuvent se
renforcer et s'appuyer les unes sur les autres.
Reconnaissant que la relation entre la sécurité humaine et le
développement humain est complexe, les ministres ont reconnu
l'importance de faire des efforts pour donner plus de visibilité aux enjeux
de la sécurité humaine et ce, en élaborant des indicateurs ou des mesures
de la sécurité humaine semblables à ceux utilisés dans la sphère du
développement humain, et en favorisant des analyses appropriées des
causes et des conséquences de l'insécurité humaine. Cela devrait se faire
en coordination avec les membres du Réseau, qui pourraient nommer des
experts d'ONG, d'universités et d'organisations internationales pour
participer à la préparation d'un indice de mesure de la sécurité humaine.
Ils ont reconnu qu'il n'existe pas de relation simple entre la sécurité
humaine et le développement humain et que, dans toute circonstance, le
fait de ne pas arriver à réaliser le développement humain constitue un motif
puissant d'insécurité humaine, spécialement pour les groupes marginaux
de la société. De leur point de vue, un grand nombre de causes de cette
insécurité, comme les maladies et une mauvaise santé ou un accès
inadéquat aux droits fondamentaux tels que la nourriture et l'éducation,
sont dues à un développement insuffisant plutôt qu'à une menace
immédiate de violence. À cet égard, des actions concertées sont requises
d'urgence pour s'attaquer à ces causes fondamentales de l'insécurité
humaine.
Dans d'autres cas, le fait de ne pas pouvoir vivre à l'abri de la peur est une
puissante entrave au développement humain, puisqu'il empêche les
individus (ainsi que des éléments de l'extérieur) d'investir du capital
économique ou social dans l'avenir de leur communauté. La promotion de
la sécurité humaine, qui donne à la question de l'affranchissement de la
peur et de la violence une perspective axée sur les personnes, montre
comment différents groupes dans la société (les femmes, les enfants, les
groupes vulnérables, les minorités et d'autres secteurs désavantagés) sont
particulièrement vulnérables à la violence, y compris la violence
domestique. Il faut s'assurer que les politiques et les initiatives de
développement n'exacerbent pas ces vulnérabilités.
Les ministres et les représentants ont également encouragé l'examen des
liens entre la sécurité humaine et le développement humain, et la promotion
d'initiatives innovatrices en matière de politique pour réaliser la sécurité
humaine. En particulier, ils ont noté qu'il importe d'établir des liens plus
solides entre les efforts d'aide au développement et la sécurité humaine,
notamment en ce qui concerne la promotion du respect des droits de la
personne et l'éducation en la matière, le respect de la primauté du droit et
le renforcement des institutions chargées d'assurer la sécurité des
citoyens, en particulier les systèmes de police et de justice pénale.
Tout comme les organisations non gouvernementales jouent un rôle
crucial dans la réalisation du développement humain, la promotion de leur
rôle de partenaires officiels au processus de consolidation de la sécurité
humaine est d'une importance particulière pour le Réseau de la sécurité
humaine. Les ministres et les représentants ont recommandé d'explorer
des initiatives visant à développer la capacité des ONG dans le contexte
des relations bilatérales existantes, et à faire en sorte que des mécanismes
soient en place pour résoudre de façon non violente les conflits sociétaux.
Ils ont en outre recommandé d'élaborer des initiatives en matière de
politique pour renforcer les liens entre les acteurs non gouvernementaux et
les acteurs de la société civile dans les États participants du Réseau.
Une question spécifique au sujet de laquelle les ministres et leurs
représentants ont reconnu un lien entre le développement humain et la
sécurité humaine est la pandémie du VIH/SIDA, qui a un impact négatif
sur les individus, les familles, les communautés et même sur la capacité
des institutions étatiques. Un autre sujet de préoccupation particulière est
la promotion de la sécurité humaine dans des situations post-conflit. Ce
qui suppose de reconnaître que le passage de la période de conflit à la
période de secours, de reconstruction et de développement n'est ni direct
ni linéaire et que, dans une perspective axée sur les personnes, la
différence entre les conflits, la criminalité post-conflit et la répression
permanente est souvent difficile à faire. Il existe aussi des liens clairs entre
une meilleure gouvernance et l'application de stratégies de développement
axées sur les personnes pour réduire les risques de conflit et de
répression.
Opérations de paix et sécurité humaine :
Les ministres et les représentants du Réseau de la sécurité humaine
reconnaissent qu'il importe de trouver des moyens de renforcer la
prévention des conflits dès les premiers stades critiques, et d'aller de
l'avant avec le renforcement de la capacité de maintien de la paix de l'ONU
et avec l'établissement de mesures de consolidation de la paix post-conflit
qui mettent l'accent sur le développement de la capacité locale, facteur
crucial du rétablissement durable et stable des sociétés déchirées par la
guerre. À cet égard, les ministres se réjouissent des mesures prises à
l'ONU afin de déceler efficacement les signes avant-coureurs de conflits et
d'y réagir de façon appropriée.
Les ministres et les représentants encouragent les mesures pratiques prises
pour tonifier les opérations de paix et préconisent de promouvoir des
mécanismes axés sur les résultats pour faciliter la coordination entre les
organismes. À cet égard, les ministres applaudissent au travail qui s'est
fait jusqu'à présent relativement au rapport du groupe d'étude sur les
opérations de paix de l'ONU et au renforcement de la Division des
interventions d'urgence du PNUD.
Reconnaissant la spécificité de la situation sur le terrain pour les
différentes opérations de paix dans le monde et le déploiement humanitaire
caractéristique d'un grand nombre de ces opérations, les ministres
conviennent qu'il est nécessaire de faire appel à l'expertise locale, de
sensibiliser les opérations aux capacités locales et de considérer la
composante civile comme le point de départ avant d'évaluer le besoin d'un
déploiement militaire. Ils ont aussi noté le rôle important que les femmes
peuvent jouer dans la consolidation de la paix et souligné le besoin
d'approches sexospécifiques des activités de maintien de la paix. De plus,
il faut s'appliquer à instaurer un comportement à la fois approprié,
durable, pacifique et productif avant de mettre en œuvre des stratégies de
retrait dans les régions déchirées par les conflits.
Les ministres et les représentants soulignent qu'il importe que l'ONU et les
donateurs fournissent un soutien accru aux organisations régionales
africaines pour leur permettre de développer leur capacité au chapitre des
opérations de paix.
Les enfants et la sécurité humaine :
Reconnaissant que les enfants sont des participants actifs dans les sociétés
touchées par la guerre et par la pauvreté extrême, les ministres et les
représentants du Réseau de la sécurité humaine ont discuté des causes
d'insécurité pour les enfants à l'échelle mondiale et dans le contexte
particulier du Moyen-Orient.
Comme les enfants sont dans un état de développement permanent, les
ministres et les représentants ont fait observer que la protection de leur
sécurité requiert davantage qu'une protection contre la violence physique.
Dans l'esprit de la Convention relative aux droits de l'enfant, ils ont fait
observer que la sécurité des enfants comporte quatre dimensions
fondamentales - la sécurité physique, les nécessités physiologiques, les
relations communautaires et les occasions de développement personnel.
Comme ces dimensions sont reliées et interdépendantes, il faut aborder
dans une perspective holistique les programmes et politiques destinés à
s'attaquer au problème de l'insécurité des enfants. Les ministres et les
représentants ont souligné l'importance d'une participation significative et
soutenue des jeunes, ainsi que de leurs familles et de leurs communautés
aux initiatives de la sécurité humaine qui touchent leurs vies. Ils ont aussi
souligné la nécessité de concevoir des stratégies à long terme et durables,
d'appuyer les pratiques communautaires destinées à protéger les enfants et
de tirer des leçons des stratégies de survie positives et adaptatives
employées par les jeunes et leurs familles.
S'agissant des enfants touchés par les conflits armés, les ministres et les
représentants ont souligné qu'il importe de tenir compte des besoins de
sécurité des enfants dans les programmes liés à la reconstruction et au
processus de paix. Ils ont fait ressortir le besoin de donner un accès à des
cours de recyclage scolaire et professionnel aux enfants affectés par une
insécurité prolongée, et ils ont reconnu l'influence de l'interdépendance qui
caractérise la sécurité des enfants sur la conception et l'application des
programmes d'aide humanitaire. Ils ont aussi encouragé un examen attentif
des causes et des conséquences de l'utilisation des enfants comme
combattants, soulignant la nécessité d'approches sexospécifiques de la
démobilisation, du désarmement et du processus de réintégration pour
tenir compte les dimensions clés du problème de la sécurité des enfants.
Les ministres et les représentants ont souligné que les stratégies, actions
concrètes et programmes ciblés doivent évoluer d'une approche intégrée
injectant une perspective axée sur les droits de l'enfant dans toutes les
formes d'aide humanitaire, de coopération, de secours d'urgence, ainsi que
dans les initiatives de paix et de sécurité. Ils ont aussi noté que les efforts
déployés devraient s'appuyer sur les ressources humaines, les services
existants et l'expertise de professionnels aux niveaux national et local, le
tout étant ancré dans une éthique, des traditions et une pratique établie au
niveau régional et enrichi par une expertise internationale visant à créer des
capacités et institutions locales autonomes.
Les ministres et les représentants ont souligné la préoccupation particulière
qu'ils partagent en ce qui a trait à la situation des enfants au Moyen-Orient.
Reconnaissant la multiplicité des problèmes qui érodent la sécurité
humaine des enfants dans cette région, ils ont insisté sur la nécessité de
mieux faire connaître les droits des enfants et de reconnaître les besoins
spécifiques des groupes les plus désavantagés.
Les ministres et les représentants se sont dits préoccupés par l'assassinat
d'enfants et l'insécurité plus grande avec laquelle ceux-ci doivent vivre
dans des conditions de conflit et de violence intenses, particulièrement
dans les territoires palestiniens, et ils ont demandé instamment à la
communauté internationale de prendre des mesures pour assurer la sécurité
des enfants qui vivent dans de telles conditions.
Ils ont noté que la violence a été imposée aux enfants dans leur quotidien,
et que ceux-ci sont privés des joies normales de l'enfance. Ils ont exhorté
toutes les parties d'offrir aux enfants de l'espoir pour l'avenir et de bâtir
avec eux une culture de la paix.
Les ministres et les représentants ont reconnu que le régime international
de sanctions en vigueur en Iraq a affecté le bien-être de la population
iraquienne, et particulièrement celui des enfants. Ils ont dit s'inquiéter des
conséquences négatives des sanctions sur la sécurité humaine et sur le
bien-être de la population civile dans ce pays.
Considérant les besoins de sécurité des enfants dans d'autres situations
difficiles, les ministres et les représentants ont souligné la nécessité
d'identifier les tierces parties et de les tenir responsables de la manipulation
des enfants, des abus à leur endroit, ainsi que du déni de leurs droits. Ils
ont noté que de telles situations souvent donnent lieu à des structures
familiales différentes, y compris des ménages dirigés par des enfants, dont
les besoins doivent être pris en compte. Ils ont en outre souligné
l'importance de développer des initiatives de réadaptation sexospécifiques
à l'intention des enfants qui ont été exploités. Les ministres et les
représentants ont aussi souligné que les organisations communautaires
devaient disposer d'une capacité de développement en matière de suivi et
de protection des droits des enfants.
Les ministres et les représentants ont souligné que les stratégies concernant
les enfants dans les conflits armés devraient être conçues en fonction de
l'évolution des conflits, depuis les régimes de sanctions et la prévention
des conflits, la gestion des conflits et les opérations de maintien de la paix
jusqu'aux initiatives de consolidation de la paix post-conflit. Ils ont
accordé une attention spéciale aux programmes spécifiques liés à
l'éducation en matière de droits humains, spécialement dans le contexte de
la prévention des conflits mais aussi en ce qui a trait à la reconstruction de
la société.
Les ministres et les représentants ont reconnu qu'il faut accorder une
attention particulière au respect du droit humanitaire international, qui
renferme des dispositions spéciales sur l'aide et la protection à accorder
aux enfants. Les quatre conventions de Genève et leurs deux protocoles
additionnels de 1977 forment la base du droit humanitaire international.
Les ministres et les représentants se sont engagés à continuer de coopérer
avec le Réseau, ainsi qu'avec les membres du Réseau et d'autres
intervenants prenant part aux préparatifs en vue d'assurer le succès de la
Session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée à
l'enfance. Ils ont aussi adopté une déclaration à l'intention de la Session
extraordinaire (Annexe A) et prié le gouvernement du Chili de la
transmettre à la présidence de la Session extraordinaire au nom du Réseau.
Les membres et les représentants ont salué la déclaration émise par la
conférence d'Amman sur l'utilisation des enfants soldats et reconnu les
causes de la participation des enfants dans les conflits armés et la nécessité
de s'y attaquer.
AUTRES ENJEUX
Création d'un site WEB et d'une plate-forme de promotion des
politiques pour le Réseau de la sécurité humaine :
Les ministres et les représentants ont reconnu l'importance de tenir la
société civile au courant des travaux du Réseau de la sécurité humaine et,
dans cette optique, ils ont applaudi au lancement du site WEB du Réseau
de la sécurité humaine. En plus de promouvoir et de faire connaître les
activités du Réseau, le site fournira un forum électronique permettant aux
membres de se consulter et de coordonner leur action dans les dossiers de
la sécurité humaine. Les ministres et les représentants ont convenu que
l'administration du site serait assurée par roulement par les partenaires du
Réseau et ils ont accueilli favorablement l'offre du Canada de gérer le site
durant sa première année.
Les ministres et les représentants ont aussi salué le lancement d'une plate-forme de promotion des politiques pour les gouvernements, les
organisations internationales, les organisations non gouvernementales et les
experts au Program on Humanitarian Policy and Conflict Research à
Harvard, qui appuiera le développement des stratégies de sécurité humaine.
Ils ont également encouragé d'autres travaux dans ce domaine,
particulièrement au niveau régional.
VIH/SIDA :
Les ministres et les représentants se sont dits gravement préoccupés par
les progrès de la pandémie du VIH/SIDA ainsi que par ses effets
dévastateurs sur la sécurité humaine et ses conséquences néfastes pour le
développement social et économique des pays, particulièrement en Afrique
et en Asie. Ils ont insisté sur l'urgence de renverser la propagation du
VIH/SIDA grâce à une stratégie préventive efficace et à des services
accessibles de soins et de soutien pour les personnes infectées et celles
affectées, en particulier les enfants. Ils se sont aussi engagés à rendre les
médicaments contre le VIH/SIDA plus accessibles et plus abordables, en
termes de quantité et de qualité, pour les personnes dans le besoin. Ils ont
exhorté les membres du Réseau à adopter des politiques nationales pour
combattre le VIH/SIDA, des politiques nationales qui comportent une
dimension humaine et qui créent des environnements habilitants propices à
la prévention et au traitement dans le cadre d'une stratégie nationale de lutte
contre le VIH/SIDA. À cet égard, il faut intensifier, aux niveaux national et
international, les efforts des gouvernements, des acteurs non
gouvernementaux, de la société civile, des organismes des Nations Unies
et du secteur privé et des compagnies pharmaceutiques pour que soient
pleinement réalisés les engagements pris à l'égard du VIH/SIDA lors de
différentes conférences internationales. Ils participeraient activement à la
Session extraordinaire des Nations Unies consacrée au VIH/SIDA en juin
2001. Les ministres et les représentants ont pris note de l'importante
contribution du Plan d'action d'Abuja pour les pays africains adopté en
avril 2000.
Éducation en matière de droits humains :
Les ministres et les représentants ont insisté sur la nécessité de mieux
comprendre les relations entre la sécurité humaine, le développement
humain et la bonne gouvernance/les régimes efficaces des droits humains.
Ils ont affirmé le rôle de l'éducation et de la formation en matière des
droits humains comme stratégie de promotion du développement et de la
cohésion des sociétés, soulignant l'utilité à cet égard de la coopération
concrète entre les membres du Réseau et leurs interlocuteurs dans les
secteurs des droits humains et de la sécurité humaine, y compris les ONG
et les autres organisations de la société civile actives dans ces secteurs.
Égalité des sexes et sécurité humaine :
Les ministres et les représentants conviennent que la promotion et la
protection des droits des femmes devraient être un aspect fondamental de
tous les efforts en matière de sécurité humaine et de consolidation de la
paix, durant et après les conflits. Les ministres reconnaissent également
l'importance de l'égalité des sexes dans le contexte de la sécurité humaine.
Ils conviennent que la sécurité des femmes prend souvent des formes
différentes de celle des hommes et que les femmes ont des besoins, des
rôles et des ressources spécifiques durant et après les conflits. Ils
soulignent l'importance d'inclure des indicateurs ou mesures
sexospécifiques de la sécurité humaine, comme la violence contre les
femmes et les droits humains des femmes. Ils soulignent aussi que les
femmes sont des acteurs importants dans les processus de consolidation
de la paix.
Les ministres et les représentants ont rappelé la Déclaration sur les armes
légères adoptée à Lucerne, et réaffirmé leur ferme engagement d'assurer le
succès de la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des
armes légères sous tous ses aspects. À cet égard, ils ont adopté une
Déclaration du Réseau de la sécurité humaine à la Conférence de l'ONU
(Annexe B) et prié le gouvernement du Royaume hachémite de Jordanie de
la communiquer à la présidence de la Conférence.
Les ministres et les représentants du Réseau de la sécurité humaine ont
salué la première édition de l'enquête sur les armes légères, y voyant un
instrument pour améliorer la transparence en ce qui concerne les armes
légères ainsi qu'une contribution à une meilleure compréhension de ce
problème complexe.
Les ministres et les représentants ont aussi accueilli favorablement les
recommandations de l'Atelier régional sur les armes légères dans la région
arabe tenu à Amman les 6 et 7 mai 2001.
Réunions ministérielles futures :
Les ministres et les représentants se réjouissent à l'avance de la tenue, au
Chili en 2002, de la prochaine réunion ministérielle du Réseau.
Les ministres et les représentants acceptent avec gratitude l'invitation faite
par le ministre des Affaires étrangères de l'Autriche de tenir dans son pays
la réunion ministérielle du Réseau en 2003.
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