

ACDI/CIDA
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Réseau de la Sécurité Humaine
Quinzième Conférence internationale sur le sida
Déclaration conjointe sur le VIH/sida
Bangkok, 13 juillet 2004, 14 h 26
Nous, les membres du Réseau de la sécurité humaine, sommes profondément préoccupés par la pandémie mondiale de VIH/sida, qui selon ONUSIDA a causé la mort de trois millions de personnes en 2003, et qui ravage la sécurité humaine, minant ainsi les possibilités de développement économique, de même que la capacité et le droit des personnes affectées de vivre dans la sécurité et la dignité.
Reconnaissant l’importance d’une lutte coordonnée contre la pandémie du VIH/sida à l’échelle internationale, le Réseau est heureux que le gouvernement royal de la Thaïlande accueille la deuxième Conférence ministérielle Asie Pacifique sur le VIH/sida et la quinzième Conférence internationale sur le sida, sous le thème « accès pour tous », dans le but de stimuler le leadership international et la responsabilisation en matière de lutte contre le VIH/sida.
Le Réseau souligne l’importance d’appliquer pleinement la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida, en insistant particulièrement sur l’affirmation que la réalisation et la protection universelles des droits de la personne et des libertés fondamentales sont essentielles à la réduction de la vulnérabilité au VIH/sida.
Le Réseau souligne en outre le rôle essentiel de la société civile, surtout celui des organisations qui représentent les personnes infectées par le VIH/sida, par rapport à tous les aspects de la lutte internationale contre cette maladie.
Le Réseau note que la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes infectées nuisent à l’efficacité de la lutte contre le VIH/sida, et il rappelle que cette discrimination, réelle ou présumée, est interdite par les conventions internationales sur les droits de la personne, précisant que la mention « ou autre situation », dans les dispositions antidiscriminatoires, concerne implicitement la situation de santé, notamment en ce qui concerne le VIH/sida.
Le Réseau est hautement préoccupé par le fait que dans bien des endroits du monde les femmes et les filles sont affectées de manière disproportionnée par le VIH/sida, et il souligne l’importance d’encourager l’égalité des sexes et de tenir compte des différences entre les sexes dans le cadre de la lutte contre le VIH/sida.
Le Réseau insiste sur le fait que les civils affectés par des conflits, surtout les réfugiés et les personnes déplacées, font face à un risque accru d’infection au VIH/sida en raison, entre autres, de la violence faite aux femmes, particulièrement le viol et la violence sexuelle; de l’accès réduit aux services sociaux, notamment en matière de santé et d’éducation; et de l’éclatement de la structure familiale ou communautaire. Il insiste également sur le fait que l’efficacité de la lutte contre le VIH/sida est tributaire des opérations de paix.
Le Réseau confirme que la bonne gouvernance est essentielle à la lutte contre le VIH/sida, maladie qui peut miner la capacité des États de fonctionner et exiger d’eux qu’ils fournissent davantage de services.
Le Réseau note son inquiétude par rapport au fait que dans bien des endroits du monde l’armée et les autres secteurs de la sécurité sont touchés de manière disproportionnée par le VIH/sida, ce qui affecte la capacité des États et des collectivités visées de maintenir et de promouvoir la paix et la sécurité.
Le Réseau rappelle l’importance de réduire la vulnérabilité des jeunes, des filles et des garçons orphelins ainsi que des bébés infectés ou affectés par le VIH/sida, et ce par le biais de programmes d’éducation s’adressant aux jeunes et aux membres de chacun des deux sexes, de services nécessaires au développement des aptitudes à la vie quotidienne, d’un soutien en matière d’orientation et d’un soutien psychosocial appropriés, de même que d’un traitement efficace afin de réduire la transmission du VIH de la mère à son enfant.
Pour garantir la mise en œuvre d’un programme donnant rapidement et efficacement un accès équitable et abordable à des services de prévention, à des soins et à un traitement universels, pour vaincre la stigmatisation et la discrimination, et pour protéger la nouvelle génération contre le VIH, le Réseau souligne l’importance des mesures suivantes :
• Promotion d’activités de sensibilisation et de prévention, dont des campagnes concernant l’utilisation du condom comme principale mesure de prévention, qui selon les expériences vécues dans certains pays entraînent une réduction considérable du taux d’infection au VIH;
• Fourniture de médicaments liés au traitement du VIH/sida, d’un traitement de bonne qualité, de soins et de soutien aux personnes affectées par le VIH/sida, de manière à enrayer la propagation du VIH/sida et à renverser la tendance d’ici 2015, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement;
• Lutte contre les entraves à la disponibilité, à l’accessibilité, à l’abordabilité, à la fourniture et à la distribution de médicaments et de diagnostiques liés au traitement du VIH/sida, notamment en effectuant le suivi de la décision prise le 30 août 2003 par l’Organisation mondiale du commerce relativement à la mise en œuvre du paragraphe 6 de la déclaration de Doha concernant les ADPIC et la santé publique, et renforcement des systèmes de santé, y compris la capacité des ressources humaines dans les zones et les régions où cela est le plus nécessaire;
• Leadership pour appuyer les efforts déployés afin de concevoir des moyens permettant d’empêcher la propagation du VIH/sida, dont des vaccins et des microbicides. Ces moyens contribueront grandement à la réduction et, ultimement, à l’élimination de la pandémie; l’accélération de leur développement exigera un investissement considérable et l’établissement de partenariats. En ce sens, nous saluons l’engagement pris à Dublin, en Irlande, le 24 juin 2004, relativement à la mise en œuvre des huit priorités stratégiques de l’Union européenne en matière d’élaboration de nouveaux moyens de prévention;
• Renforcement de l’engagement communautaire, de la préparation stratégique et législative ainsi que de la mobilisation des ressources, en insistant particulièrement sur les travaux du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de l’OMS, de l’ONUSIDA et d’autres organisations internationales participant à la lutte contre ces pandémies;
• Rappel de l’engagement et du leadership politiques de haut niveau à l’égard de la multiplication des efforts de lutte contre la pandémie du VIH/sida aux niveaux international, régional et national, et intégration de la sensibilisation au lien entre la sécurité humaine et la propagation du VIH/sida au programme de diverses tribunes multilatérales.
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