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ACDI/CIDA
 
Réunions Ministérielles

UNE PERSPECTIVE SUR LA SÉCURITÉ HUMAINE

RÉSUMÉ DU PRESIDENT

LYSØEN, NORVEGE, 20 MAI 1999

Une réunion des Ministres et des représentants des Gouvernements de l'Autriche, du Canada, du Chili, de l'Irlande, de la Jordanie, des Pays-Bas, de la Slovénie, de la Suisse, de la Thaïlande et de la Norvège s'est tenue à Bergen et Lysøen en Norvège, les 19 et 20 Mai 1999 afin d'aborder des thèmes liés à la sécurité humaine. L'Afrique du Sud a participé à la réunion dans sa capacité d'observateur.

La réunion s'est tenue sous l'invitation du Ministre Norvégien des Affaires Etrangères, Mr. Knut Volleback, qui a également présidé la réunion.

La première journée de réunion (19 mai) a été organisée sous la forme d'une réunion publique. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), H.E. Mme Sadako Ogata, a délivré un discours clé durant la première journée de réunion. Dans sa déclaration, elle a souligné que les réfugiés et les personnes déplacées au niveau international constituent un symptome significatifd'insécurité humaine. De la perspective des réfugiés, il y a un besoin urgent d'aborder les thèmes liés à la sécurité humaine de manière globale à la fois pendant et après les conflits. Un effort commun afin d'apporter la sécurité humaine doit être pris en charge. En guise d'exemple, elle a fait référence à l'histoire de l'ancienne Yougoslavie, qui représente un catalogue de moyens par lesquels la sécurité humaine peut etre violée.

Elle a particulièrement regretté le manque d'un mécanique efficace politique et dans le domaine de la sécurité afin de s'attaquer aux conflits. Elle a demandé comment la communauté internationale peut laisser un conflit couver jusqu'à l'étape où, à la fois, les moyens " durs " comme les moyens " faibles " semblent inadéquats. Elle a appelé à une approche plus opportune et à la fois plus graduelle et stratifiée, fondée sur l'idée d'une " échelle d'options " à mettre en œuvre avant que les crises ne surgissent et avant que les alternatives " faibles " et " durs " ne deviennent insuffisantes. Une référence a été faite à une série d'initiatives " moyennes " afin de fournir une préparation et un soutien à une capacité nationale qui pourrait servir non seulement pour les situations de refugiés mais aussi pour d'autres situations d'insécurité humaine.

Elle a également mis en valeur le besoin d'allouer des ressources et de mettre en œuvre des programmes dans des situations de post-conflits en soulignant que le UNHCR ensemble avec la Banque Mondiale, les Nations-Unies et les gouvernements donneurs sont en train d'explorer des voies afin d'améliorer les arrangements à la fois institutionnels et financiers pour éliminer la distance souvent ressentie, dans la phase de transition, d'une crise humanitaire à la reconstruction et au développement à long-terme.

En plus des pays participants et du INHCR, les organisatons internationales et non-gouvernementales suivantes ont participé en tant que partenaires à un agenda international sur la sécurité humaine : La Fédération Internationale du la Croix-Rouge et les Sociétés du Croissant Rouge, le Comité International de la Croix-Rouge, la Campagne Internationale pour Interdire les Mines Terrestres, l'Alliance Save The Children, Amnesty International, la Coalition pour Arrêter l'Utilisation des Enfants Soldats, et le Réseau d'Action Internationel sur les Armes Légères.

L'Honorable Lloyd Axworthy, le Ministre des Affaires Etrangères du Canada, a présenté une publication du Departement Canadien des Affaires Etrangères et du Commerce International sur " La Sécurité Humaine : Sécurité pour les Personnes dans un Monde en Evolution ".

Quelques unes des ONGs internationales participantes ont présenté des documents sur les sujets suivants :

Mme Rachel Brett, Quaker United Nations Office, Genève, représentant la Coalition pour Arrêter l'Utilisation des Enfants Soldats,

Mr Paul Eavis, Safeworld, Londres, représentant le Réseau d'Action International sur les Armes Légères,

Mr Nils A. Røhne, Aide du Peuple Norvégien, représentant la Campagne Internationale pour Interdire les Mines Terrestres : Suivi du Traité sur l'Interdiction des Mines,

Mr Michael Crowley, Amnesty International sur les droits de l'homme au niveau international, et le droit international humanitaire.

Durant la deuxième journée de réunion (20 Mai), les Ministres et les représentants des gouvernements participants se sont réunis en session fermée afin d'aborder les thèmes liés à la sécurité humaine et la manière de les confronter dans le monde d'aujourd'hui.

Les idées suivantes ont émergé des consulttations des deux journées :

UNE VISION

Un monde humain où les personnes peuvent vivre dans la sécurité et la dignité, libérées de la pauvreté et du désespoir, est encore un rêve pour beaucoup mais chacun devrait pouvoir en bénéficier. Dans un tel monde, chaque individu aurait la garantie d'être à l'abri de la peur et du besoin, avec une opportunité égale de développer pleinement leur potentiel humain.

Construire la sécurité humaine est essentiel afin d'atteindre ce but. En essence, la sécurité humaine signifie être libéré de menaces envahissantes à l'encontre des droits des personnes, de leur sécurité et même de leur vie. La sécurité humaine est devenue à la fois une nouvelle voie pour mesurer la sécurité mondiale et une nouvelle priorité pour l'action à l'échelle internationale.

La sécurité représente le signe de la délivrance de la peur et le bien-être, la cible de la délivrance du besoin. La sécurité humaine et le développement humain sont donc les deux faces d'une même médaille, se renforçant mutuellement et créant un contexte propice l'un pour l'autre.

EXIGENCES

Un engagement pour les droits de l'homme et le droit international humanitaire est la fondation pour construire la sécurité humaine.

Des progrès vers la sécurité humaine sont accomplis dans chaque pays en protégeant et en faisant la promotion des droits de l'homme, de la règle du Droit, de la gouvernance démocratique et des structures démocratiques, une culture de paix et une résolution pacifique des conflits.

Les organisations internationales créées par les Etats afin de constuire un ordre mondial juste et pacifique, par dessus tout, les Nations Unies, dans son rôle de gardien de la paix internationale et de la sécurité, comme la Charte le mentionne, doivent servir les besoins de sécurité des personnes.

Promouvoir un développement durable, à travers l'allègement de la pauvreté absolue, en fournissant des services sociaux de base pour tous, et en poursuivant les objectifs d'un développement centré sur les personnes, est nécessaire pour construire la sécurité humaine.

Des approches internationales innovantes seront nécessaires pour aborder les sources d'insécurité, remédier aux symptomes et prévenir la récurrence des menaces qui affectent les vies quotidiennes de millions de personnes.

APPROCHES

Apliquer une perspective de sécurité humaine aux problèmes internationaux a le potentiel de dynamiser les processus politiques destinés à prévenir ou à résoudre les conflits et promouvoir la paix et le développement.

En unissant les ressources du secteur gouvernemental, le secteur privé et la société civile permettent des efforts collectifs et coordonnés afin d'améliorer le niveau de la sécurité humaine fondé sur la solidarité globale.

La coopération internationale entre des pays à la pensée commune, au niveau régional et en particulier à l'intérieur des Nations Unies est essentielle afin d'augmenter l'attention donnée à la sécurité humaine. Ceci devrait inclure les institutions financières internationales qui affectent vivement les vies quotidiennes des populations dans un monde où l'interdépendance est croissante.

L'objectif d'améliorer la sécurité humaine est largement partagé ; mais les menaces à la sécurité humaine vécues dans différentes régions du monde diffèrent, de même que les ressources disponibles pour faire face à ces menaces. En conséquence, un cadre flexible de coopération est nécessaire, en prenant leurs priorités en compte.

L'utilisation d'un tel cadre facilitera la coopération entre Etats à la pensée commune sur des actions concrètes afin de promouvoir la sécurité humaine. Un ordre du jour évoluera lorsque de nouveaux défis posés à la sécurité humaine seront identifiés et de nouvelles réponses par la communauté internationale seront proposées.

ELEMENTS D'UN AGENDA DE LA SECURITE HUMAINE

Les défis et les réponses suivantes ont été identifiés:

1. Les Mines terrestres anti-personnelles: débarrasser le monde de mines anti-personnelles en :

a) faisant la promotion de la Déclaration de Maputo ;

b) travaillant en soutien aux efforts d'actions concernant les mines et avec une plus grande coordination à tous les niveaux - du niveau national au niveau global et à travers les Nations Unies ;

c) appuyant le Programme du Travail Intersession à Maputo en vue d'assurer qu'un progrès systématique soit accompli dans la mise en œuvre des engagements de la Convention sur l'Interdiction des Mines ;

d) faisant la promotion de l'universalisation et la ratification de la Convention, en particulier au niveau régional;

e) assurant un rapport effectif en soutien au Méchanisme de Transparence ;

f) faisant la promotion des partenariats en cours avec les organisations non gouvernementales ;

g) facilitant une action sur les mines coordonnée et opportune afin de répondre aux besoins humanitaires urgents dans des situations implicant des déplacements forcés à large échelle tels qu'au Kosovo, ceci afin de permettre le retour sans danger à leur foyer des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur de leurs frontières.

2. Les Armes Légères: intensifier et coordonner les efforts contre l'accumulation excessive et déstabilisante et la diffusion incontrôlée des armes légères, dans le contexte d'une approche hollistique en :

a) encourageant l'action simultanée au niveau national, régional et international, en se concentrant sur à la fois les armes illicites et les armes légères;

b) accueillant le travail du Panel d'Experts Gouvernementaux sur les Armes Légères au sein des Nations Unies et en soutenant la décision de l'Assemblée générale de convoquer une conférence internationale sur ce problème, qui se tiendra au plus tard en 2001;

c) encourageant la conférence à prendre une approche globale et large en abordant tous les aspects du problème;

d) accueillant les Eléments d'un Compréhension Commune de la réunion d'Oslo sur les armes légères, les 13 et 14 juillet 1998, en tant qu'une des fondations pour notre travail, et aussi en accueillant l'Appel pour l'Action de Bruxelles adopté par la Conférence Internationale sur le Désarmement Durable et le Développement Durable tenue à Bruxelles les 12 et 13 october 1998;

e) recherchant des solutions pratiques aux problèmes causés par les armes légères au travers des Nations Nations et d'accords regionaux et sub-régionaux, et en promouvant la coopération avec les organisations de la société civile ;

3. Les enfants dans les Conflits Armés: aborder les besoins spécifiques des enfants dans les conflits armés en :

a) assurant que la promotion pour l'assistance humanitaire et l'assistance au développement abordent les besoins les enfants dans les conflits armés, en soutenant, lorsqu' approprié, le travail des agences des Nations Unies compétentes, telles que l'UNICEF et l'UNHCR, et le CICR, la Féderation Internationale de la Croix-Rouge et les Sociétés du Croissant Rouge ainsi que d'autres organisations inter-gouvernementales et non-gouvernementales travaillant dans ce secteur;

b) contribuant au suivi des engagements pris par les gouvernements et les autres parties concernant les conflits auprès du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies sur les Enfants dans les Conflits Armés, et également en soutenant le travail de lobbying mené par le Représentant Spécial

c) promouvant la mise en œuvre des standards existants, en particulier la Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant, et en travaillant pour l'amélioration des standards internationaux, par l'achèvement et l'adoption d'un Protocole Optionnel sur la Participation des enfants dans les conflits armés à la Convention ;

d) encourageant et en participant à des activités qui puissent contribuer à une prise de conscience publique et à une compréhension sur ce sujet dans nos pays ainsi que dans des pays affectés par les conflits;

e) développant des partenariats de collaboration avec des gouvernements et des organisations de la société civile pour+ rechercher et mettre en œuvre des stratégies créatives, et pas seulement à travers l'adoption d'instruments internationaux traitant de ce sujet ;

f) en reconnaissant que la participation des enfants dans les conflits armés peut être considérée comme une des pires formes de travail des enfants ; et en travaillant pour l'interdiction et l'élimination immédiate de cette forme de travail des enfants et également pour l'adoption d'instruments internationaux traitant de ce sujet;

g) en faisant la promotion des mesures pour faciliter la réintégration dans la société d'anciens enfants soldats.

4. le Droit International Humanitaire et les Droits de l'Homme: renforcer la mise en œuvre complète et l'adhésion au droit international humanitaire et aux droits de l'homme, en:

a) coopérant afin d'assurer que la 27ème Conférence de la Croix Rouge soit un succès grâce à la revitalisation de l'engagement aux principes du droit international humanitaire et au respect des Conventions de Genèves et de leurs protocoles;

b) suivant la mise en œuvre du droit international humanitaire et des droits de l'homme en particulier dans les situations de violations systématiques, y compris en utilisant la Commission Internationale sur la Découverte de Faits et en collaborant avec les méchanismes internationaux sur les droits de l'homme;

c) faisant la promotion de la reconnaissance et de la mise en application des règles du droit international humanitaire par toutes les forces ou groupes armés ;

d) faisant progresser les discussions sur les standards au sein du droit international qui valent pour toutes les personnes, tous les groupes, et pour d'autres personnes concernés ;

e) augmentant la coopération concernant le recruitement, la formation, et le déploiement des experts sur les droits de l'homme pour les opérations de terrain.

5. La Cour Criminelle Intenationale: rechercher une ratification et une mise en œuvre promptes du Statut de Rome établissant la Cour Criminelle Internationale.

6. l'Exploitation des Enfants: renforcer la coopération sur la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants, y compris la diffusion de pornographie infantile sur internet.

7. la Sécurité du Personnel Humanitaire:

a) identifier des mesures concrètes afin de renforcer la sécurité du personnel humanitaire et de rendre responsable les Etats et les entités non étatiques pour leurs attaques dirigées intentionnellement contres les travailleurs humanitaires opérant dans des territoires sous leur contrôle ;

b) promouvoir l'adhésion universelle à la Convention des Nations Unies sur le Sécurité du Personnel des Nations Unies et du Personnel Associé.

8. la Prévention des Conflits: renforcer la capacité des Nations Unies et des organisations régionales afin de développer un regard attentif et des stratégies de coopération pour la prévention des conflits

9. le Crime Organisé Transnational: travailler ensemble pour développer un cadre international efficace au sein du système des Nations Unies afin de combattre le crime organisé international, en particulier à travers l'achèvement des négociations actuelles pour une Convention sur le Crime Organisé Transnational et ses protocoles pour l'année 2000.

10. Ressources pour le Développement:

a) oeuvrer vers l'objectif fixé au Sommet de Copenhague pour les pays qui ne le font pas encore d'allouer 0,7% de ler PNB à l'Assistance Officielle pour le Développement ;

b) faire le compte-rendu des progrès sur l'initiative 20/20, qui suggère uns allocation indicative de 20% des budgets nationaux dans les pays en développement et de 20% de l'assistance officielle au développement pour les services sociaux de base.

PROCHAINES ETAPES

Le Ministre canadien des Affaires Etrangères, Mr. Lloyd Axworthy, a offert de tenir un repas pour les ministres participant à l'Assemblée Générale des Nations Unies en Septembre afin de continuer à discuter des thèmes concernant la sécurité humaine. En particulier, le repas pourrait se concentrer sur les recommendations du rappot à venir du Secrétaire Général sur la protection des enfants dans les conflits armés.

Il a également informé les participants à la réunion de l'intérêt du Canada de sponsoriser une réunion sur des thèmes liés à la sécurité humaine en Afrique de L'ouest. Le Gouvernement du Ghana a exprimé un interêt de principe d'accueillir une telle réunion, avec une attention particulière donnée aux enfants dans les conflits armés et à la prolifération des armes légères.

La Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères autrichien, Mme Maria Benita Ferreo-Walder, a informé les participants à la réunion sur l'intention du gouvernement autrichien de convoquer deux réunions sur la sécurité humaine. La première sera une conférence du 29 septembre au 1er octobre 1999 sur la répression de la dissémination de la pornographie infantile sur internet. La séance sera une conférence les 8 et 9 octobre 1999 sur le rôle des institutions de Vienne dans la promotion de la sécurité humaine.

La Présidence norvégienne a accueilli l'offre du Ministre suisse des Affaires Etrangères, Mr. Joseph Deiss, d'être l'hôte de la prochaine réunion au printemps 2000.

Lysøen, 20 Mai 1999.


 English


Mis à jour:
le 14 juin 2005
 
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