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Statements

Première réunion biennale sur la mise en oeuvre du programme d'action des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères

Intervention de S.E.M. Cheick Sidi Diarra Ambassadeur, Représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies

Au nom des pays membres du Réseau de la Sécurité Humaine

New York, le 9 juillet 2003

Madame la Présidente,

J'ai l'honneur de prendre la parole au nom du groupe de pays membres du Réseau de la sécurité humaine que sont: l'Autriche, le Canada, le Chili, la Grèce, l'Irlande, la Jordanie, le Mali, la Norvège, les Pays-Bas, la Slovénie, la Suisse et la Thaïlande.

Je voudrais vous adresser nos vives félicitations pour votre élection à la présidence de cette importante réunion sur la mise en oeuvre du Programme d'action des Nations Unies sur les armes légères et vous assurer de notre entière collaboration.

Je m'exprimerai en ma qualité de président en exercice du Réseau de la sécurité humaine et ensuite en ma qualité de représentant du Mali.

Madame la Présidente,

Il y a deux ans, les Etats membres des Nations Unies se sont réunis ici même et ont convenu d'un Programme d'Action dont la mise en oeuvre contribuera grandement à atténuer le fléau que constitue la prolifération des armes légères.

Aujourd'hui, nous nous réunissons ici pour évaluer nos efforts respectifs, en tant que communauté composée de gouvernements, d'organisations régionales et internationales. Nous aurons certes à coeur à faire le point des actions qu'ensemble nous avons entreprises depuis l'adoption du programme d'action en 2001, mais aussi des lacunes qui entravent sa mise en oeuvre ainsi que des mesures que nous devrons prendre dans les années à venir pour réaliser l'objectif majeur du Programme, à savoir la réduction de la souffrance que des millions de personnes endurent en raison de l'impact négatif des armes légères. Selon certaines estimations, quelques 1300 personnes sont tuées chaque jour par une arme à feu!

C'est justement à la réalisation de cet objectif fondamental qu'entre autres, les treize partenaires du Réseau de la sécurité humaine consacrent leur énergie. Aux plans tant individuel que collectif, nous avons démontré notre ferme détermination à réduire la menace que la violence armée fait peser sur la sécurité et le bien-être des personnes à travers le monde.

Madame la Présidente,

Le Réseau de la sécurité humaine est particulièrement bien placé pour jeter un éclairage global sur les délibérations de cette Assemblée. En tant que représentants de nations de diverses régions géographiques ayant chacune ses particularités, nous avons très tôt perçu cette menace qui constitue par ailleurs, un obstacle majeur aux efforts de développement économique et social. Cette menace a constamment nourri les invitations que nous lançons à la communauté internationale afin qu'elle intensifie et coordonne davantage sa lutte contre la prolifération et la circulation illicites des armes légères.

Dans cette veine, nous demandons l'application intégrale des accords et des normes qui existent aux niveaux régional et mondial en vue d'un contrôle accru de la disponibilité des armes légères, de la réduction de la demande et de l'arrêt de leur mauvaise utilisation. Je pense notamment au Protocole sur les armes à feu de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, au Programme d'action de l'ONU et aux Principes de base sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par ceux qui sont chargés de l'application de la loi. Ces textes constituent en fait des instruments importants dans le combat que nous menons collectivement afin de réduire au maximum, le coût humain et de l'utilisation des armes légères.

Madame la Présidente,

Les membres du Réseau de la sécurité humaine souhaitent par ailleurs, qu'une attention particulière soit portée au sort des enfants dans les situations de conflits armés. Certes, la communauté internationale a fait des efforts considérables notamment à travers l'adoption d'instruments juridiques et de mesures appropriés. Mais il y a lieu de consolider ces efforts par la mise en oeuvre effective desdits textes, si nous voulons épargner aux enfants la peur que les armes ne soient utilisées contre eux, mais aussi si nous voulons éviter à terme, qu'ils ne deviennent eux-mêmes des adeptes et les futurs utilisateurs de la violence armée.

Dans ce contexte les membres du réseau de la sécurité humaine lors de la récente réunion ministérielle de Graz ont adopté un guide d'instruction sur les droits de l'enfant, visant à faciliter l'entraînement en ce domaine de personnel civil et militaire participant à des opérations sur le terrain dans des zones de conflit. Ce guide traite entre autres de la problématique des armes légères et de leurs effets sur les enfants.

Selon certaines estimations deux millions d'enfants auraient été tués et six millions traumatisés ou handicapés par l'usage des armes légères et de petits calibres pendant la dernière décade et compte tenu du fait que l'usage d'armes légères provoque une culture de violence, il est crucial de renforcer le lien entre la protection des droits des enfants et la lutte contre l'utilisation et le trafic illicite de ces armes.

Madame la Présidente,

Reconnaissant la nécessité de faire davantage pour garantir la sécurité humaine devant la violence armée, le Réseau avec le soutien du Centre pour le Dialogue Humanitaire de Genève a mené des consultations auprès d'organismes des Nations Unies et d'ONG sur la dimension humanitaire de la prolifération des armes légères. Aussi, sommes nous heureux de présenter à la faveur des présentes assises, les résultats de ces consultations dans la publication intitulée "Putting People First: Human Security Perspectives on the Availability and Misuse of Small Arms".

Les récentes recherches et les récits de médecins, de spécialistes du développement, de travailleurs dans le domaine de l'humanitaire et de personnes victimes de l'utilisation illicite des armes légères, ont permis au Réseau d'établir les éléments d'une approche de la question centrée sur les individus. Pour le Réseau, il y a lieu d'accorder une attention accrue aux dimensions humanitaires et humaines dans la mise en oeuvre du programme d'action. A cet effet, il nous paraît urgent de prendre diverses mesures conséquentes telles que le renforcement des embargos de l'ONU sur les armes, l'intégration de la dimension "sécurité communautaire" dans les programmes d'aide au développement, la répression de la violence fondée sur le sexe, le contrôle des transferts d'armes, ou encore la promotion des services de police communautaire.

Madame la Présidente,

Combattre la prolifération et l'usage illicite des armes légères légères demeurera une priorité du Réseau de la sécurité humaine.

A cet égard, nous lançons une fois de plus, un appel pressant à la communauté internationale afin qu'elle intensifie ses efforts avec comme souci majeur, le recul de la peur et la réduction du nombre de victimes de ces fléaux.

Je vous remercie.


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Mis à jour:
le 14 juin 2005
 
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